Grande-Comore

Moroni

Avertissement: il est très difficile de prendre des clichés des Comoriens (Mayotte comprise d'ailleurs), d'où peut-être cette impression, sur certaines photos, d'images volées. Il faudrait qu'ils comprennent que les Terriens sont partout chez eux sur cette planète et que la prise (et non vol) de vues n'est pas du voyeurisme mais au contraire un moyen de les aider en faisant connaître leurs difficultés (et leurs richesses) au monde entier, et souvent leur dignité dans leur dénuement. Mis à part ce point, les Comoriens sont très chaleureux pourvu qu'on les aborde simplement et sincèrement.

Capitale de la République Islamique des Comores, donc des 3 îles : Ngazidja (Grande-Comore), Mwali (Mohéli) et Nzwani (Anjouan).

Capitale, Moroni possède évidemment beaucoup de bâtiments officiels




Sur la place de France, toutes les principales banques....
... et la Poste
La rue du marché traditionnel permanent

Le port avec la célèbre mosquée du vendredi



Le récent marché couvert de Volo-Volo




Copie presque conforme

Dans la médina, une riche porte 



Le Karthala

C'est le volcan de Grande-Comore, qui lui a donné naissance et dont la lave est omni-présente sur toute l'île, comme on peut le voir sur beaucoup de photos.
L'ascension est assez facile mais longue (compter environ 7 heures), le départ se faisant à 600 m d'altitude pour arriver à 2361 m, altitude maximale des bords du cratère.
Départ à l'aube, ce jour-là avec l'orage grondant au sommet, en compagnie de Chauffeur, un guide célèbre qui fait ça toute l'année!
Au début, on traverse la forêt tropicale

Une clairière pour admirer Moroni


Même si la pente n'est jamais très raide, le sentier volcanique
est humide et glissant: la descente sera très périlleuse

Puis on sort de la forêt, il fait chaud et humide, l'orage s'est dissipé mais pas les nuages


Fraises, framboises et goyaves nous rafraîchiront pendant la montée
Nous établissons notre campement à 1700 m
 L'après-midi, nous tentons de monter au cratère mais l'orage s'est réveillé, suivi d'une bonne pluie qui nous fait faire demi-tour vers les tentes. Nous y passerons le reste de l'après-midi.
Le soir, vers 18 h, notre guide nous a préparé un repas dans une cabane

Riz, poisson, pommes de terre (cultivées à côté) et piment
Anecdote: Chauffeur et ses porteurs ont établi ici des cultures de légumes dont des pommes de terre car à cette altitude il fait plus frais. Ensuite, ils descendent, certains en tongs ou en bottes courtes, les sacs de 30 (!) kg de patates sur la tête pour les vendre au marché de Moroni à 1€50 le kg. Quand nous avons redescendu le lendemain le sentier, on a pu apprécier la performance: pierres de lave, racines, mousses très glissantes! Chapeau bas messieurs!
Notre guide Chauffeur et un porteur


Le lendemain, le temps s'est éclairci. Plus nous montons, plus la végétation est brûlée par la dernière éruption
de cendres incandescentes en 2005. Au loin, sous les nuages, la piste de l'aéroport.

On approche

Et voilà le cratère, une immense caldeira, la plus grande du monde paraît-il. Première moitié vers le sud
On aperçoit la vapeur d'eau qui s'échappe de nombreuses fissures et des cônes 

Seconde partie vers le nord-ouest, avec des cônes secondaires 

Quelques fleurs dans ce désert minéral

Descente dans la caldeira

Au fond, le cratère principal qui était un lac avant les dernières éruptions, mais les nuages sont vite revenus pour nous le cacher

En redescendant, rencontre avec une famille de landras, hérisson comorien
 à piquants mous et incapable de se mettre en boule
Plus d'infos sur le Karthala ici


Le tour de l'île

Le sud
Le tour se fait en 4x4 car l'état des routes va de la large avenue (financée par un autre pays comme beaucoup d'équipements ou bâtiments, pays frères musulmans -Turquie, Qatar....- ou d'autres -Chine, Japon, France- et l'ONU ) en quittant Moroni par le sud à la piste où subsistent parfois quelques plaques de bitume. 
Première localité vers le sud, Ikoni, avec sans doute le plus beau site historique hors capitale: Ikoni et son palais Kapviridjeo





Une page de l'histoire mouvementée de ce pays
Surprise un peu plus loin:
En décalage complet avec les villages que nous venions de traverser,
cette magnifique demeure perdue dans la campagne.
Renseignements pris auprès de trois militaires de garde dans la guérite
à l'entrée de la propriété, c'est un des "palais" du Président de la République!
Un peu plus loin, contrôle de police sur la route: les papiers de la voiture sont en règle, surtout le contrôle technique, mais je n'ai pas mon permis de conduire! Le plus capé des 3 fonctionnaires sort son carnet et de dresse une contravention. Malgré nos essais de conciliation. Inflexible, il nous répond que l'amende serait de 3 ou 4 euros. Nous n'en croyons rien évidemment. Mais il faudra payer au palais de Justice de Moroni, sans doute histoire d'éviter la corruption.
Deux jours plus tard, je visiterai trois bureaux successifs, à chaque fois très bien accueilli, pour m'acquitter enfin de l'amende.
Montant: 1800 Francs Comoriens, soit effectivement 3,67 euros! Le policier ne m'avait pas menti.
En poursuivant notre route, nous arrivons au village de pêcheurs de Chindini:
Tout d'abord, un léger repas dans un restaurant, 3 euros avec une boisson et un (nes)café

 Le port. Nous cherchons le chemin pour accéder à la plage, impossible de le trouver! Aucun panneau!
Mais ici comme partout sur l'île, l'hospitalité n'est pas un vain mot: un Comorien nous propose de nous y emmener et monte avec nous.
Et voilà la belle plage de Chindini

Photo volée de deux pêcheurs qui nous diront de pas vouloir être photographiés!
Après Foumbouni, nous remontons côté est. Nous avons le volcan à notre gauche donc
nous roulons au milieu des coulées de lave, omniprésente.

Jusqu'à la mer

Une route ou ce qu'il en reste, des chèvres, et des tas de parpaings,
que l'on retrouve partout. Et ils sont fabriqués à partir de sable de lave
patiemment tamisé partout dans l'île, en général par les femmes.
 Le ciment, lui, est importé du Pakistan ou du Viêtnam.
Retour vers Moroni par la piste non goudronnée qui traverse l'île
d'est en ouest (et où les taxis-brousse roulent surchargés à
des allures impressionnantes!)

Le nord
Nous repartons dans le même sens le lendemain et nous arrivons, toujours par une route spéciale 4x4, au premier vrai panneau de signalisation depuis le début de notre tour hier.
Bon là, on va vers..... à droite!

Alarme comorienne?

Dans certains villages, le goudron a disparu depuis longtemps
Dans plusieurs traversées de village, les habitants nous crient des "bonjour" ou des "ça va?", enfants bien sûr, mais aussi de nombreux adultes. Peut-être ne voient-ils pas souvent de touristes car à part Moroni, le Karthala et quelques sites figurant sur les guides, le tour est rarement effectué. Il recèle pourtant de bonnes surprises, et la chaleur non feinte des habitants en est une. Des collégiens ou lycéens nous crieront plusieurs fois "Hello! How are you?", nous prenant sans doute pour des Américains!
Ces deux ados nous ont conduits à l'île aux tortues
 Nous nous sommes arrêtés dans un village et l'homme à qui nous avons demandé est spontanément monté avec nous pour y aller. Cent mètres plus loin, il avise les deux ados qui le remplacent dans notre voiture!
Nous resterons deux heures dans ce très beau site, et nos deux guides nous ont préparé des cocos, et ont patiemment attendus!
Nous leur avons proposé une pièce, ils ont refusé. L'hospitalité!
Dans le village suivant, nous cherchons la Chaîne du Dragon. Des enfants accourent! "On vous y emmène!"
Vue du sud

Vue côté nord
 C'est une coulée de lave où l'érosion a laissé au sommet un alignement de blocs de magma et ciselé ces cheminées de fées:

Nos guides, qui ont accepté quelques bananes et ont ensuite repris
 leur partie de foot avec ce drôle de ballon fait localement.
Derrière, une de ces innombrables construction inachevée 
Plus loin, le lac salé, logé en bord de mer dans un ancien cratère

Sur le bord des routes, on peut trouver coraux et coquillages, protégés
dans la majorité des pays, mais pas ici.
Et même des carapaces de tortues (celle-ci n'intéresse plus personne)

Une des nombreuses plages du nord, région touristique

Trois espèces d'oiseaux sur cette photo; les reconnaissez-vous?
Notre véhicule donnant des signes de faiblesse, nous décidons de rentrer directement à Moroni, sans voir le Trou du Prophète.

Près de l'aéroport, une carrière de lave exploitée par la société Colas
Un taximan nous a appris qu'une machine de tri de cette carrière est en panne depuis plusieurs mois. Colas a engagé des femmes pour faire le tri des cailloux de magma à la sortie de la concasseuse.
Sur la plage d'Isandra, près de Moroni, une pirogue à double balancier
(il n'y en a qu'un à Mayotte)

Et un beau spécimen reptilien


Les roussettes aussi aiment le soleil couchant


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